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Que va -t-on devenir?

 
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maxflorius
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MessagePosté le: Mer 11 Fév - 19:16 (2009)    Sujet du message: Que va -t-on devenir? Répondre en citant

Parmi les incertitudes de la période actuelle on doit remarquer que pour les uns c’est un mauvais moment à passer alors que pour les autres elle est le témoignage d’un changement en profondeur des manières de vivre et de produire, cependant tous pensent que l’on en sortira par le haut c’est à dire en vivant mieux dans une société plus prospère. Et personne n’imagine que la crise puisse, entraîner la société dans des désastres comme la révolution ou la guerre même si ces hypothèses catastrophiques sont évoquées pour se faire frissonner au cours d’une émission télévisée.


Pour le moment malgré la sévérité de la décrue économique, rien n’oblige à imaginer le pire car les fondamentaux de l’économie restent grosso modo les mêmes. Mais la fragilité de l’édifice est de plus en plus grande et ce qui est en cause c’est la possibilité de basculements brutaux. Tant que les filets sociaux, retraites, allocations familiales et chômage, RSA, etc. sont rémunérés le pays, sans être à l’abri de vastes mouvements sociaux exprimant l’angoisse diffuse du corps social, semble protégé de dérapages plus sérieux comme les mouvements violents et les pulsions xénophobes. Si la crise financière se creuse et si le crédit international de l’Etat diminue au point de rendre l’emprunt sur le marché international difficile alors les choses prendront une autre tournure totalement imprévisible.


Les marges de manœuvre sont minces et il n’est pas sûr que le gouvernement et encore moins les français en soient conscients. Pour s’en convaincre il suffit de noter les signes annonciateurs de tensions sur les capacités d’emprunt de quelques Etats de la zone euro.
Au fur et à mesure que la crise s’aggrave on voit l’Etat devenir de plus en plus exigeant avec les entreprises (du moins dans le discours public) avec l’espoir de tenir encore les deux bouts du problème, permettre aux entreprises et aux consommateurs de durer en attendant des jours meilleurs. Mais il faut bien se rendre compte que les moyens du gouvernement sont bien plus limités qu’il n’y paraît. La mesure de suppression de la taxe professionnelle (en partie) est une mesure qui aurait du être adoptée depuis longtemps mais la manière dont elle a été annoncée sans que l’on sache exactement comment elle sera remplacée va bloquer de multiples projets de dépenses d’investissement dans les collectivités locales parce que celles- ci n’auront aucune visibilité au delà de cette année sur le financement des investissements décidés en 2009. Une mesure légitime adoptée dans la précipitation de la crise aura donc des effets sans doute positifs mais aussi des conséquences négatives gravissimes. Le mal est fait car l’annonce a propagé l’inquiétude et il faudra des mois pour mettre en place un dispositif de financement alternatif qui rende leur sérénité aux collectivités locales. De plus cette mesure uniforme boostera quelques investissements mais par les temps qui courent elle servira à nombre d’entreprises à augmenter les marges et la rémunération du capital. Cet argent dont l’Etat se prive, il sera sans doute amené à l’emprunter et par conséquent à le rémunérer en alourdissant ainsi encore une fois les transferts vers le capital. En l’absence de perspectives de croissance et d’une demande soutenue on ne voit pas très bien pourquoi les entreprises se mettraient à investir massivement.


Dans le même esprit, la déclaration à la télé de Coppé disant qu’il faut mettre en route dans l’urgence la réforme des collectivités territoriales est extrêmement dangereuse parce qu’en désorganisant ces collectivités en pleine crise elle va avoir comme effet immédiat de les inciter à reporter à plus tard les projets d’investissement.
De même le fait que l’Etat emprunte sur le marché monétaire tout l’argent qu’il prête lui même finit par avoir une seule conséquence, l’aggravation du coût du crédit. En effet la crise de confiance prive les industriels de la possibilité d’emprunter directement mais en empruntant sur le marché l’Etat assèche le marché de l’argent et capte à son profit l’épargne disponible.
On se retrouve dans un système assez pervers qui fait songer à une administration du crédit par la puissance publique. Mais au lieu d’avoir une politique de crédit facile le comportement du pouvoir est celle d’une politique de crédit coûteux et de plus de crédit discriminé en fonction des choix politiques.
On est donc très loin d’une relance de l’activité par le crédit. Les huit milliards injectés par le choix de la puissance publique dans l’industrie automobile ne sont pas huit milliards supplémentaires mis sur le marché mais huit milliards prélevés de force sur le marché et par conséquent huit milliards de moins à la disposition des autres intervenants économiques.
L’assèchement du crédit tient sans doute au fait que la création monétaire est insuffisante. Cette fonction dans le système actuel est confiée aux banques adossées à la banque centrale.
Dans un passé lointain quand l’état prêtait il faisait fonctionner la planche à billet par des avances au trésor de la banque centrale par exemple. Alors qu’actuellement en empruntant sur le marché les interventions étatiques n’entrainent aucune création monétaire mais se font au contraire par assèchement du marché financier.


On peut donc s’attendre à ce que les tensions sur le crédit ne diminuent pas dans un proche avenir, bien au contraire.


Au total on avance donc dans un brouillard de plus en plus dense et la crise s’aggrave inexorablement. Pour s’en rendre compte il suffit d’un chiffre, celui du patron de Renault qui déclarait que la baisse de l’industrie automobile serait de 5 % en 2009 et les déclarations actuelles qui parlent pour cette même industrie d’une baisse de 20 % chiffre totalement catastrophique qui témoigne d’une baisse générale de l’activité absolument abyssale.


Dans ces conditions le mécontentement populaire et la perte de confiance dans l’exécutif qu’expriment les sondages sont une preuve du désarroi croissant de la population face à une situation caractérisée d’abord par l’incertitude.
Les pertes d’emploi et l’affaiblissement du pouvoir d’achat n’ont pas encore projeté dans la misère la population la plus pauvre mais elles les ont plongés dans la précarité avec une absence de visibilité sur le futur.
Si la crise perdure, ce premier stade de l’appauvrissement des français sera suivi par un deuxième où les gens en panne d’argent plongeront dans les difficultés de la vie quotidienne avec incapacité de se nourrir et de faire face aux dépenses courantes. C’est à ce moment là que la révolte sociale sera susceptible de se radicaliser.
Le  plan des socialistes est sans doute bien meilleur que celui du pouvoir mais il souffre de deux handicaps importants :
 Le premier c’est que ne bénéficiant que d’une très mauvaise médiatisation, il est méconnu de la masse des français qui de toutes manières n’ont pas nécessairement en main les éléments techniques pour l’apprécier. Il subit de plus le rouleau compresseur des attaques du pouvoir qui a les moyens de se faire entendre et de combattre les idées qui l’indisposent.
Et ne voilà –t-il pas que pour poursuivre on ne sait quelle ambition personnelle Ségolène Royal le dénigre à son tour et fait de la surenchère au point que ses proposition sont calquées sur celles de son ex frère ennemi Jean Luc Mélanchon qui lui même court derrière les propositions du NPA ex LCR. Il s’agir là de petites manœuvres politiciennes qui brouillent un peu plus le message socialiste au profit du gouvernement.


Enfin il faut bien reconnaître que le plan souffre de plusieurs handicaps qui lui sont communs avec le plan gouvernemental:


Dans la situation de la France d’aujourd’hui la solution ne peut se concevoir que dans un cadre européen qui pour le moment est inexistant.
Le plan socialiste ignore le problème de la dette ou fait mine de croire (comme le plan gouvernemental d’ailleurs) que cette dette est une sorte de problème entre parenthèses que l’on réglera lorsque la crise sera finie.
 Un problème susceptible d’être différé à la demande, en quelque sorte. Pourtant il n’en est rien et la dette de l’Etat fait partie du problème et de la crise par les prélèvements considérables qu’il impose au budget et les transferts massifs de richesses qu’il organise au profit du capital.
Ne pas s’inquiéter de cette question c’est se priver des outils intellectuels pour saisir la situation dans son ensemble. Les intérêts annuels de la dette publique sont de 50 milliards chiffre que l'on peut comparer avec les 26 milliards du plan de relance. D'un coté on ponctionne 50 milliards sur les revenus des citoyens et de l'autre on prétend relancer l'économie avec la moitié de cette somme. Tout est dit!

Lorsqu’on tente de débrouiller à quoi ressemble le futur de la France dans les mois qui viennent on est saisi par un sentiment d’irréalité totale, le ton alarmiste et catastrophiste qu’inspirent les nouvelles qui chaque jour font l’actualité économique tranchent avec le train train quotidien d’une actualité tout de même plus rassurante ou en dehors des tempêtes de vent ou de neige, il ne se passe rien de phénoménal même si les journées de manifestation sont des réussites syndicales, qui pourrait justifier le pessimisme ambiant.
Dans la période actuelle toute prospective prend un ton tellement catastrophiste qu’on se prend à douter de ce qu’on écrit ou lit tant il y a contraste entre le quotidien et le futur proche qui se laisse entrevoir.
C’est probablement une des conséquences des insuffisances de la perception humaine, il nous est très difficile d’imaginer un futur proche qui serait en grande rupture avec le présent.


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MessagePosté le: Mer 11 Fév - 19:16 (2009)    Sujet du message: Publicité

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Inscrit le: 25 Mar 2009
Messages: 9
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MessagePosté le: Mer 25 Mar - 17:35 (2009)    Sujet du message: Que va -t-on devenir? Répondre en citant

et si la crise nous amène vers la guerre civile ???  Confused

http://wisher.unblog.fr/tag/crise-guerre-civile/
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 06:56 (2018)    Sujet du message: Que va -t-on devenir?

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