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Intervention de Jean-Richard Sulzer lors de l'Université d’été 2008 du Front National

 
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Floriumax


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MessagePosté le: Ven 30 Jan - 12:09 (2009)    Sujet du message: Intervention de Jean-Richard Sulzer lors de l'Université d’été 2008 du Front National Répondre en citant

Alors attention, nous ne soutenons aucunement le Front National, mais ce texte est très pertinent dans mon sens.  
 

 

Intervention de Jean-Richard Sulzer lors de l'Université d’été 2008 du Front National   
  
 
On nous parle d’une crise mondiale, ce qui n’est pas faux ; mais il n’en reste pas moins que ce sont les grandes économies européennes qui sont désormais les plus atones.   
  
 
Comme vient de l’affirmer l’économiste Christian de Boissieu : « Les Etats-Unis ont réussi à exporter leurs problèmes en Europe. C’est brillant ».   
  
 
Il ne fait pas de doute que la crise est mondiale ; mais je voudrais vous montrer pourquoi elle frappe beaucoup plus durement les pays de la CEE, et plus encore ceux de la zone euro.   
  
 
Nous sommes en effet confrontés au problème de la stagflation, à savoir une stagnation économique, doublée d’une reprise de l’inflation. Revenons sur ces deux phénomènes :   
  
 
- La stagnation d’abord : la croissance éco dans la zone euro est sans cesse revue à la baisse : 1,8% en 2008, revue à 1% ; et 1,4% prévu initialement en 2009, désormais ramené à 0,6% en volume. En clair, la récession (taux négatif) pourrait être la prochaine estimation. L’Allemagne, le R.U. et l’Espagne vont entrer en récession d’ici la fin 2008 (2 trimestres de croissance négative).   
  
 
La France reste dans cette honnête moyenne, mais son taux de chômage va dépasser le taux moyen de 7% du fait du manque de compétitivité de notre économie.   
  
 
Notre part dans les marchés extérieurs lucratifs se tasse en effet dangereusement (en juillet 2008 : Allemagne + 13,8 M€, France : - 4,8 M€).   
  
 
- L’inflation ensuite : en 2008 elle ne dépassera pas le rythme prévu des 3,8 ; mais pourrait retomber à 2,6-2,5% du fait de la stagnation économique (de 3,4% en 2008).   
  
 
Mais il s’agit là d’une prévision très optimiste, qui ne tient pas compte d’une flambée des matières premières, ni surtout des revendications salariales.   
  
 
Les déficits publics (3% en France contre 1% en moyenne dans la zone euro) restent un facteur inquiétant. En effet, le ralentissement économique ampute gravement les recettes publiques (TVA, Impôt sur les Sociétés). Or, pour tenir l’objectif de 3% des déficits publics en 2009, ce qui nous place quand même à la lanterne rouge de l’Europe, il faudrait que la croissance française soit au minimum de 1,1%. Or, Madame Christine Lagarde ne prévoit que 1% au mieux, et tous les instituts de prévision ont plutôt révisé à la baisse notre croissance économique à 0,9%, au mieux ; 0,6% au pire.   
  
 
Je ne voudrais pas tenir l’Europe ni l’euro pour totalement responsables des 30-35 piteuses dont nous ne sommes pas près de sortir ; mais je voudrais insister sur le rôle particulièrement néfaste de l’Union Européenne, et plus particulièrement sur 3 aspects :   
  
 
- le libre-échangisme perverti par un mondialisme débridé,   
- la dérégulation financière dévastatrice,    
- et enfin le monétarisme borné de la BCE.   
  
 
1°) Parlons en premier lieu des ravages d’un libre-échangisme perverti par le mondialisme.   
  
 
Je voudrais d’abord revenir aux sources : le Traité de Rome instituant la C.E.E. a été signé le 25 mars 1957, au Palais du Capitole, dans le salon des Horaces et des Curiaces, ce qui n’était pas de bonne augure. Il est entré en vigueur le 1er janvier 1958.   
  
 
Mais le Traité de Rome qui reste un des deux traités fondateurs avec le Traité de Maastricht de 1992, était rédigé en des termes flous.   
  
 
Il ne prévoyait à long terme que la libre circulation des marchandises au sein même de l’Europe des 6. Cet objectif lointain était simplement destiné à faire pièce à l’AELE, zone de libre échange cornaquée par la Grande Bretagne.   
  
 
Mais la C.E.E. était au départ protectionniste à ses frontières, c'est à dire vis à vis des Etats-Unis, et de l’Asie en particulier. Pour cela les pays de la C.E.E. appliquaient des quotas d’importation, ainsi qu’un tarif extérieur commun.   
  
 
La libre circulation des personnes, puis des services (LPS) n’a été instituée que par des traités ultérieurs : Acte Unique de 1986, Maastricht en 1992, Amsterdam en 1997, Nice en 2001.   
  
 
Ce n’est que lors de ces étapes ultérieures que la France dut se résoudre à un libéralisme débridé et à des abandons successifs de souveraineté, en matière douanière notamment.   
  
 
Mais les partisans du mondialisme y ont trouvé dès lors le Cheval de Troie pour leur vieux projet. En effet, le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) date de 1948 avant de laisser la place, 47 ans plus tard, à l’OMC, après quand même 45000 concessions tarifaires (baisse des droits de douane, suppression progressive des quotas).   
  
 
Le GATT a connu 3 grandes phases : le Kennedy Round dans les années 60, le Tokyo Round dans les années 70, l’Uruguay Round dans les années 1990.   
  
 
L’OMC allait poursuivre ce mouvement à partir de 1995, avec le cycle de Doha à partir de novembre 2001, les conférences de Cancun en 2003, de Hong Kong en 2005 ; malgré le coup d’arrêt de la conférence de Seattle en décembre 1999.   
  
 
Depuis, et on l’a vu cet été, l’OMC piétine mais les dégâts sont là. Ils résultent d’un principe bien connu : celui de la spécialisation. L’idée est simpliste : le monde sera plus riche si chaque Nation se spécialise dans le domaine économique pour lequel elle possède un avantage comparatif.   
  
 
Le résultat ne s’est pas fait attendre : toutes les industries de main d’œuvre ont migré vers les PVD à bas salaires, et la haute technologie vers l’Amérique du Nord. Selon l’INSEE, entre 1990 et 2007, l’industrie F a perdu 1/5ème des travailleurs.   
  
 
Il n’y a pas d’autre explication à la crise industrielle que nous traversons. Les multinationales ne transportent pas leurs machines vers l’Inde ou le Vietnam. Elles ferment leurs vieilles usines en France, et montent leur matériel neuf dans les PVD.   
  
 
Le résultat, vous le connaissez, c’est un taux de chômage de 7% dans la zone euro, et de 7,9% en France (2008, et prévisions 2009).   
  
 
Et ce malgré le départ en retraites des baby boomers, qui auraient dû faire chuter le chômage à 350.000 personnes.   
  
 
Pour clore ce chapitre, je voudrais signaler deux phénomènes.   
  
 
D’abord la France est désarmée face à ce libre-échangisme broyeur d’emploi. Elle a en effet délégué sa souveraineté de négociation douanière aux autorités européennes, et la personne de Pascal LAMY en est tout un symbole. Mais de toute façon, à partir du moment où les marchandises circulent librement dans une Europe des 27, il se trouvera toujours un état voyou pour ouvrir ses portes, et laisser rentrer du « made in India » en lui collant immédiatement l’étiquette « made in Europe ».   
  
 
Enfin, nous sommes en train, vous le constatez, de perdre le seul avantage du libéralisme douanier : les prix bas. En effet, les tensions salariales et les fluctuations des matières premières enrayent la chute des prix des produits importés.   
  
 
2°) En second lieu, je voudrais évoquer la dérégulation financière dévastatrice.   
  
 
Vous en voyez les ravages à travers les crises bancaires, l’effondrement des secteurs boursiers tout entiers. Sachant que les crises bancaires seront épongées par le contribuable, et les crises boursières par les retraités. C’est d’ailleurs ce dernier aspect qui est le plus inquiétant : les retraites complémentaires sont assises sur des dividendes mais aussi sur des cessions d’actifs boursiers.   
  
 
Mais, ce que je voudrais vous dire à ce stade, c’est que l’euro n’est pas seul en cause : la monnaie unique n’est que la courroie de transmission du laxisme échevelé qui a déstabilisé la sphère financière. L’euro ne concerne d’ailleurs que 15 pays membres sur 27. Et il n’est finalement que le descendant de l’ECU né le 13 mars 1979, lui-même héritier du Serpent né le 10 avril 1972. Or, nous avons vécu d’autres crises financières sans l’euro, qui ne fait qu’accélérer la vitesse de propagation des dérapages monétaires et des hausses des taux d’intérêt.   
  
 
Il me semble que la dérégulation financière et ses ravages trouvent leur source dans d’autres phénomènes nés des directives européennes bien connues de nos euro-députés, c’est la LPS.   
  
 
La C.E.E. a progressivement étendu le libre échange dans l’Europe des 27 : des marchandises vers les services.   
  
 
Ce qui signifie que vous pouvez aller acheter des services en Belgique, mais aussi que tout commerçant belge  peut s’établir en France. Les seules exceptions résiduelles sont des professions hautement réglementées.   
Dès lors, depuis près de 20 ans, la L.P.S. a été progressivement introduite dans le secteur de la « bancassurance ».   
  
 
Cette libéralisation n’a pas été sans conséquence, avec des concentrations bancaires, mais surtout un mondialisme boursier totalement débridé.   
  
 
C’est ce dernier aspect qui se révèle aujourd'hui le plus dangereux : avec la naissance, le 22 septembre 2000, d’Euronext, et surtout la fusion, le 1er juin 2006, avec le NYSE, c'est à dire Wall Street.   
  
 
Il est vrai que Wall Street avait déjà établi une tête de pont avec le London Stock Exchange, qui n’appartient pas à Euronext, mais qui est la tête de pont des U.S.A.   
  
 
Les conséquences sont considérables, car des masses considérables de capitaux flottants (la hot money) circulent désormais à la vitesse de la lumière.   
  
 
Autre danger aussi : celui de la multicotation : les transactions sur le CAC 40 ont migré vers Londres et vers Wall Street.   
  
 
Il suffit donc qu’un pays membre de ce réseau surveille mal sa sphère financière (la SEC aux USA) pour engendrer des désordres qui se propagent en traînée de poudre.   
  
 
Cette globalisation financière permet à tout opérateur d’opérer depuis le pays qui est le maillon faible : transactions spéculatives, prises de contrôle rampantes, etc…   
  
 
3°) Enfin, dernier facteur de crise, le monétarisme borné de la B.C.E.   
  
 
Depuis dix ans, nous trouvons avec un organisme hybride : à savoir une banque centrale qui n’en a que le nom.   
  
 
En effet, la BCE n’administre que les taux d’intérêt à court terme. Par ailleurs, bien sûr, les taux d’intérêt à long terme sur les placements eu euros s’alignent mécaniquement : il vous est indifférent de souscrire des obligations des Etats français ou allemands.   
  
 
Par contre, elle ne contrôle pas la politique budgétaire des Etats membres. Pour Euler Hermès les déficits publics seront en 2009 de -1% du PIB en moyenne de la zone euro, mais avec des écarts considérables : excédent de 0,2% du  PIB  en  Espagne, aux Pays-Bas et en Allemagne, jusqu’aux déficits des cancres -2,3% en Italie, en Grèce, au Portugal, et -3% en France qui tient le pompon. Quelles leçons pouvons-nous donner au Danemark dont les soldes publics sont en excédent de 3 ,7% en 2008 et 2,9% en 2009 ?   
  
 
Face à ces disparités, la BCE est assez désarmée, car il manque à l’Europe le seul pouvoir encore laissé aux Parlements nationaux à savoir le vote de leur budget fiscal et social.   
  
 
C’est la raison pour laquelle les eurocabris veulent plus de fédéralisme ; à travers la Constitution européenne, puis son clone le traité simplifié, qui n’est que son copier-coller réparti dans les deux traités fondateurs devenus illisibles.   
Donc, la BCE utilise la seule arme disponible qui est celle des taux d’intérêt. Et là, elle est poussée par l’Allemagne à une politique des taux élevés qui explique à la fois la force de l’euro, mais aussi la langueur économique qui caractérise l’Europe lors des rares périodes de reprise (un euro fort nuit à notre compétitivité).   
  
 
Elle y est poussée par l’Allemagne, qui est hantée par l’hyperinflation de 1922-1923 ; d’où la politique du NAIRU.   
  
 
Le NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment) a été inventé en 1975 par Franco Modigliani (Prix Nobel, observations => recette cuisine).   
  
 
C’est une nouvelle version de la courbe de Phillips mise en évidence en 1958.   
  
 
L’idée est la suivante : un taux de chômage élevé calme les revendications salariales et endigue l’inflation.   
  
 
L’OCDE et le FMI estiment donc froidement le taux de chômage qui calme toute revendication salariale :   
  
 
Allemagne : 6,9%   
USA : 5,2%   
France : 9,5%   
Japon : 4%   
Zone euro : 8,8%.   
  
 
C’est là en quelque sorte un objectif à atteindre, et les taux réellement constatés sont assez proches.   
  
 
Donc, la B.C.E. préconise ce taux de chômage, et étouffe grâce au taux d’intérêt toute reprise qui ferait chuter ce chômage.   
  
 
Au cas où le départ en retraite d’une classe d’âge pourrait faire chuter le chômage, la B.C.E. n’est pas opposée à la reconstitution d’un réservoir de main d’œuvre grâce à l’immigration choisie...   
  
 
  
 
  
 
Jean-Richard SULZER   
Agrégé des Facultés   
Professeur à l’Université Paris-Dauphine   
Responsable du CAP 10 (Finances, budget)   

 


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MessagePosté le: Ven 30 Jan - 12:09 (2009)    Sujet du message: Publicité

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